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SOTOZEN-NET > Activité > Introduction aux temples en dehors du Japon (Français) > Amérique du nord

Centre zen de San Francisco - Hosshinji

1ère partie: Introduction

Il y a « deux Sotoshu » aux Etats-Unis. L'un des deux est pour les immigrés japonais, l'autre pour les américains chrétiens ou juifs convertis.

L'activité missionnaire du Sotoshu a commencé au service des Américains d'origine japonaise en effectuant des funérailles et d'autres rituels similaires aux rituels traditionnels du Japon. Le premier temple bouddhiste zen Soto en Amérique du Nord, le Zenshu-ji à Los Angeles, a été fondé en 1922 pour la communauté américaine d'origine japonaise. L'histoire a dû attendre encore quarante ans pour voir des Américains d'origine non japonaise pratiquer le zen Soto.

En 1959 le Vieux maître Shunryu Suzuki (1904 –1971) a pu réaliser son voeu d'aller aux Etats-Unis en tant que missionnaire Sotoshu. Il prit ses fonctions de sixième prêtre résident au temple Soko-ji, situé dans le quartier de San Francisco connu sous le nom de Japantown. Ce temple avait été fondé en 1934 par la communauté américaine d'origine japonaise. Mais peu après son arrivée de jeunes Blancs américains ont commencé à venir au temple pour pratiquer le zazen avec lui.

Ils se sont assis face au mur, toute lumière éteinte excepté le cierge sur l'autel. Sensei (le Vieux maître Suzuki) se promenait avec un gros bâton - quelques-uns s'en prirent de bons coups. Des garçons qui ressemblaient à des beatniks, barbus avec des survêtements et certains avec des sandales, mais dont je dois dire qu'ils semblaient sincères.

(Rick Fields, How the Swan came to the Lake (Comment le cygne est arrivé au lac))

C'est ainsi qu'une communauté de pratiquants zen américains s'est formée autour du Vieux maître Suzuki et peu après ils formèrent le Centre zen de San Francisco (SFZC).

Le nombre de personnes pratiquant au SFZC a énormément augmenté. Suzuki a senti la nécessité d'avoir un lieu où ses étudiants pourraient s'extraire de la vie urbaine et suivre un entraînement zen intensif. Suite à un effort crucial de collecte de fonds ils ont pu acheter le terrain à Tassajara Hot Springs, dans la forêt national de Los Padres. Le SFZC y a établi le Centre zen de Tassajara («Temple de l'esprit zen » ou Zenshinji) en 1966. Ce fut le premier monastère bouddhiste zen construit aux Etats-Unis.

En 1969, le Vieux maître Suzuki démissionna de son poste de prêtre à Soko-ji pour se concentrer sur l'apprentissage du zen aux Américains. Il déménagea dans un immeuble résidentiel de la rue Page, qui est maintenant connu comme le Centre urbain.

Suzuku est mort d'un cancer le 4 décembre 1971 à l'âge de 67 ans. Bien qu'il ne soit resté que 12 ans aux Etats-Unis, il a effectué un travail important pour établir le zen Soto en Amérique. Il est très intéressant de réfléchir à pourquoi ce vieux prêtre bouddhiste japonais né avant la guerre mondiale a attiré tant de nombreux jeunes Américains nés après la guerre pendant la période mouvementée des années soixante. Cela est bien sûr dû à sa personnalité irrésistible, mais son style d'enseignement, qui mettait l'accent sur la pratique du « seulement s'asseoir » selon la voie de « l'esprit du débutant », et la vie quotidienne basée sur les principes zen, étaient aussi très attirants pour eux.

En 1972 le SFZC fonda le Temple du dragon vert (Soryu-ji) à Green Gulch Farm dans le comté de Marin, juste au nord de San Francisco. Environ dix ans après sa fondation, le Centre zen de San Francisco s'était développé pour devenir un des sangha bouddhistes les plus grands et actifs en Occident.

Aujourd'hui, le SFZC comprend trois centres de pratique principaux, le Centre urbain (le « Temple de l'esprit du débutant » ou Hosshin-ji), Green Gulch Farm et le Centre zen de Tassajara plus ses centres zen associés. Ces trois Centres proposent, en commun, la pratique quotidienne du zazen, des retraites intensives, des formations, des lectures de dharma et différents ateliers. Mais chacun d'eux a son propre caractère lié à son environnement. Parallèlement aux pratiques zen traditionnelles, le SFZC a beaucoup d'autres activités de « bouddhiste engagé » ou de « développement communautaire » comme des activités familiales, des groupes de passage à l'âge adulte, des activités de méditation sur la guérison et du travail de proximité.

2e partie: Une journée à Hosshinji

La journée à Hosshinji débute par zazen.

À 5 h 25, le zazen matinal débute avec le retentissement des trois coups de cloche. Les résidents du City Center d'Hosshinji se lèvent avant le son de la cloche et se préparent à entrer dans lla salle dédiée au zazen au sous-sol, pour le zazen. Les non-résidents peuvent aussi participer au zazen matinal, et c'est ainsi qu'un certain nombre de personnes s'assoient ensemble tous les matins dans la salle dédiée au zazen.

Après s'être assis pendant une demi-heure, les deux coups de cloche sonnent la fin de la première période assise. Tout le monde se lève et débute le kin hin,la méditation marchée. Lorsque le kin hin s'achève, la deuxième période de zazen débute.

À la fin de la deuxième période de zazen, les participants se dirigent vers la salle  dédiée au Dharma du premier étage. La salledédiée au Dharma est un lieu de cérémonie et de conférences sur le Dharma. C'est le lieu du service matinal, des sutras chantés sont offerts au Bouddha et aux patriarches. Les participants chantent des sutras de la Sotoshu traduits en anglais. Normalement au Japon au début de la cérémonie, tous les participants effectuent trois prosternations devant  le Bouddha. Mais ici à Hosshinji, ils effectuent neuf prosternations. C'est la tradition héritée de Shunryu Suzuki Roshi, le fondateur du Centre Zen de San Francisco.

Après le service matinal, c'est le moment du nettoyage. La personne responsable donne ses instructions à chacun et on nettoie la salle du Dharma, la salle de zazen, la salle à manger, le couloir, les toilettes et toutes les autres pièces.

Puis, vient le moment du petit déjeuner. Au début du zazen, le personnel de cuisine, appelé tenzo, entame la préparation d'un repas végétarien pour tout le monde. Pendant les repas, le silence est observé, pour pouvoir manger consciemment ce qui se trouve dans son assiette. Parfois, le samedi matin, les participants mangent leur petit déjeuner en utilisant les oryoki. Les oryoki sont un service de bols utilisés par les moines bouddhistes au temps du Bouddha Shakyamuni. Des manièresstrictes sont associées à cette façon de manger. Observer le silence en mangeant en fait partie.

Après le petit déjeuner, à 9 heures, les participants débutent leur temps de pratique du samu. Certains résidents du City Center qui travaillent hors du centre partent pour rejoindre leur lieu de travail. Les autres s'affairent aux tâches qui leurs ont été attribuées – les travaux de cuisine, le nettoyage, le jardinage, le travail administratif, etc. Si vous êtes en visite au centre en tant qu'étudiant invité, on vous attribuera sans doute des tâches de nettoyage ou de cuisine. Le déjeuner est à midi et les travaux se poursuivent jusqu'à 15 heures.

Tous les jeudis un « goûter » est organisé pour les étudiants invités. Ils prennent le thé avec les moines au City Center, posent des questions et participent à des conversations informelles.

À 17 h 40, c'est le moment du zazen du soir. Comme pour le matin, après le zazen un service du soir et un repas sont offerts. Après le dîner, un temps libre est proposé.

Les conférences sur le Dharma ont lieu tous les mercredis à 19 h 30. Beaucoup de personnes extérieures au City Center viennent rejoindre les résidents. D'autres activités en plus des conférences sur le Dharma sont proposées, par exemple, la « méditation dans la convalescence » et « le zen jeune et urbain ». Celles-ci sont animées par les prêtres du City Center. Il existe aussi des cours pour les nouveaux étudiants – un cours d'instruction sur le zazen et un groupe de discussion accompagné d'un thé.

À 21heures, toutes les activités du City Center s'achèvent. C'est la fin de la journée.

Hosshinji, ou le City Center, est situé dans la ville de San Francisco. Il propose un programme résidentiel. Contrairement aux centres zen ruraux, au City Center, les résidents peuvent poursuivre leurs activités professionnelles et suivre les programmes du matin et du soir. Il est donc possible de travailler tout en suivant une pratique zen.